Enquête sur la situation des photographes en Rhône-Alpes

En 2011, l’UPP Rhône-Alpes a mené une enquête sur la situation des photographes en région Rhône-Alpes. Cette enquête a été réalisée à l’aide d’un questionnaire en ligne.Une centaine de photographes ont répondu. Nous remercions tous ceux qui ont bien voulu participer à cette première.

Aujourd’hui, la frontière est de plus en plus ténue entre les photographes professionnels, les photographes semi-professionnels qui ne vivent qu’en partie de leur travail de photographe, et même les amateurs, qui peuvent vendre à l’occasion quelques images. La problématique du photographe pur et dur est en train de se transformer. Quelques commentaires à propos des résultats de l’enquête :

  • beaucoup sont multi activités,
  • •le reportage vient en premier, puis la presse,  la mode est peu représentée.
  • Les supports, presses, communications et internet viennent à peu près à égalité.
  • Du côté des clients, l’entreprise, la presse et …
  • Statut : auteur 50% quasi, 10% au black
  • revenus : L’enquête ne distinguait pas chiffres d’affaires et/ou revenus nets.
  • Formation : au niveau du statut d’auteur, il existe maintenant des conventionnements pour financer des formations. Pas besoin, pas le temps, pas l’argent.

À noter, l’enquête montre beaucoup de pluriactivité et de nombreux photographes exercent sous le statut d’auteur. En marge, le formulaire offrait la possibilité d’apporter des commentaires, nourris de l’expérience de leurs expériences. Ils posent également un certain nombre de questions face à leur pratique.

Commentaires

Voici les commentaires laissés par les photographes lors de l’enquête.Nous avons laissé l’ensemble des interventions in extenso, en gommant les détails qui pourraient permettre d’identifier leurs auteurs, l’enquête étant anonyme.

• « J’ai très bien vécu de mon travail pendant 25 ans, et depuis quelques années c’est une catastrophe, les journaux /agences ou clients déposent , (sans payer les piges), ou sont rachetés, font des économies sur la photo et la com en générale, ou ne paient pas le travail photographique à sa juste valeur. il n’y a plus de marché, et les barèmes ne sont pas respectés. on n’arrive même plus à faire un devis, tous est déréglementé et il y a toujours un petit malin pour casser les prix. Je me demande sincèrement comment un jeune peut arriver à se faire sa place au soleil, il n’y a plus de lumière !

 »
 »- Revenus = entendu net.

• J’ai noté une différence très nette ente un discours sur des tarifs affichés normaux, et la réalité des tarifs pratiqués. un peu d’hypocrisie donc.

• Après, la photographie n’est mon métier que depuis trois ans, donc avec un recul tout relatif. »
 »sans le strict respect de l’application des lois sur les droits d’auteur, la profession est morte.

Le principal défaut du numérique c’est qu’il ne coûte rien à l’amateur, au niveau fournitures j’entends. Donc il n’hésite plus à essayer de produire des images en attendant de voir ce qu’il pourra en faire, d’où les débouchés qu’on lui assure prometteur par exemple chez Fotolia. Ce qui induit un décrochage hallucinant des prix.

question 1 
Pourquoi ne peut-on agir face à une concurrence déloyale qui vend en-dessous du prix de reviens ?

question 2

Peut-on facturer des droits d’auteur avec TVA à 5,5% pour des forfaits qui n ‘explicitent pas le nombre d’images et leurs différentes utilisations. « 
De + en + technique et de moins en moins considéré :-( 
Les critères de qualité ont considérablement baissé, c’est la raison pour laquelle n’importe qui diffuse ses photos, avec ou sans rémunération.
 »Bonjour,

• Merci pour la démarche !

Je pratique de la photo publicitaire en studio et décor ou en production extérieur.

Je ne me sent pas menacé par l’amateur qui offre ses photos sur le web mais plutôt par des studios «  »discount »" de France ou d’ailleurs et par la 3D.

La baisse constante des budgets communication et donc par conséquent, des achats photos peut conduire parfois à : pas d’achat de photos du tout !

Globalement, la photos de produits à sûrement encore quelques belles années devant elle, jusqu’au jour ou, un logiciel surpuissant créera directement à la sortie de la machine qui fabrique le produit, une image (photo, 3D, ??…) mis en ambiance avec décor, lumière, stylisme et mannequins……. nous n’en sommes pas encore là fort heureusement ! Mais combien de temps ?

• « 
Il faut savoir être photographe, informaticien, graphiste, communicant, commercial, etc… et ne pas être exigeant en matière de revenus…
Merci et bon courage à la jeune équipe de l’UPP Lyon
 »

Statuts très compliqués

• Au lancement de l’activité: compréhension difficile quand on se lance. Divergences dans les explications. Statut peu compris par services entre eux au niveau créa d’entreprise et impôt (Agessa, Urssaf, et…).

A la facturation:

Tant que le plafond par mois n’est pas atteint aux Agessa, on doit facturer en faisant faire au client deux chèques, deux envois postaux. Double travail pour nous aussi et explications à fournir a chaque client. Les clients réguliers finissent par se lasser de la paperasse et vont voir des banques d’images moins chères et sans complications.

Au quotidien : aujourd’hui je suis auteur dépendant des Agessa car mes revenus passent par une agence d’images qui reverse aux Agessa. Et au départ je souhaitais ne cotiser qu’aux Agessa pour éviter la multiplication des plafonds à atteindre. Mon activité se diversifie. Mais du coup je ne peux pas par exemple avec ce statut vendre des tirages aux particuliers et encaisser chèques par ex sur mariages, rallyes etc… je ne peux proposer que du reportage. je fais donc la demande d’un statut d’auto entrepreneur.

Le statut d’auto entrepreneur n’est pas cumulable avec Agessa donc je me retrouve avec deux caisses pour deux cotisations sans atteindre les plafonds. Compta compliquée. 2 Siret à venir etc…

• Pourquoi pas un statut qui englobe ces différentes formes d’activités?…

Je suis photographe mais auteur, artisan, artiste, auto entrepreneur tout n’est qu’une question de problème de statut. Sans vous parler de la presse qui entre aussi en compte. Souvent je dois expliquer à des amis ou stagiaires ce qu’est le statut de photographe et je n’y arrive pas.

• Je trouve votre initiative très motivante, si elle aboutit à une simplification des choses: BRAVO :-)  »

• 
 »je suis plutôt pessimiste sur l’évolution de notre métier la presse disparaît, ou n’achète plus de photos, ou a des tarifs ridicules. idem pour les campagnes de pub ou de communication, qui sont toutes payées sous les prix du marché.

et le public voit ses budgets se réduire régulièrement, faute de subventions, quand on répond à une consultation on ne sait quel montant annoncer…

tout le monde se dit photographe, mais c’est une activité qui demande beaucoup de temps, d’investissement et de travail, sans compter la gestion de ses archives

je n’ai pas changé mon Photoshop depuis le 7,0 faute de moyens

je me fais planter par en moyenne une entreprise par an (presse ou agence) qui se met en sauvegarde

les agence style photothèque ne vendent quasiment plus rien

je ne conseillerais pas à un jeune de se lancer dans cette profession

 »
aucun pour l’instant. difficile de ne garder ses clients, quand des photographes cassent les prix 

soit parce qu’ils sortent des écoles soit parce qu’il ont un autre métier. »

• 
 »Ne pratiquant que la presse, je ne me prononcerais pas sur les autres secteurs économiques.

Mais pour ce qui est de la presse, je constate qu’il reste encore des clients qui désirent travailler avec des individus, pas que des agences ou du micro stock. Mais qu’ils ont aussi tendance à se replier sur les photographes qu’ils connaissent depuis longtemps.

j’ai aussi l’impression que les restructurations en cours dans la presse ces derniers ouvrent également quelques opportunités de nouvelles collaborations pour des photographes indépendants.

• Pour ce que je connais des institutionnels, notamment des Office de Tourisme, j’ai par contre l’impression que la tendance est à la réduction des coûts à tout prix, et à la récupération systématique d’images gratuites, y compris auprès des pros… »

• 
 »Je ne suis photographe pigiste que depuis deux ans, et ne peut pas me rendre compte aisément de l’évolution du métier. Mais je constate une réelle crise (qui n’est peut être pas uniquement négative) du métier de photographe de presse.

• Nous vivons dans un paradoxe : l’image est de plus en plus présente autour de nous (médias) mais il y a de moins en moins de clients qui payent le prix réel des photos.

• Il va falloir se battre collectivement contre les cessions de droits à un tiers, sensibiliser les clients sur les questions de droits d’auteur. »
 »Le métier de photographe devient de plus en plus difficile. 

Avenir plutôt très sombre. 

Les clients ne veulent plus payer au juste prix. 

Trop de concurrence de la part de photographes amateurs qui font n’importe quoi.

« 
Faire appliquer les lois sur les droits d’auteur. Les institutions en montagne (OT), la presse et autres nombreux acteurs de l’économie montagnarde les bafouent à longueur d’année en particulier en trouvant des photos libres de droits diffusées par certaines agences ou des amateurs ou des semi pros qui crèvent la dalle. Il en va de la pérennité de la profession.

• 
 »Depuis que j’ai appris mon métier il a évolue techniquement. Pas de numérique en 1986! Grâce au numérique il y a gain de temps … pour nos clients! Pas pour nous! Nous faisons deux métiers au lieu d’un. Prise de vues et labo via l’ordi. Il a fallu s’adapter. Pas facile mais faisable. A tous mes collègues, n’hésitez pas a vous mettre a niveau. Ca paye toujours.

• Les formations de l’INA sont super, mais trop fréquemment annulées faute de combattant. Je suis étonné que pour une session avec 8 postes il n’y a pas 8 photographes en France intéressés pour se former ou se mettre a niveau. La formation sur le tas ou avec les copains c’est très bien mais il y a souvent des lacunes. Je parle de mon expérience qui n’est certainement pas la seule.

Courage a tous

Amicalement

Thierry

• « 
Un peu galère sans partage d’infos…
 »Vraiment dur et ça n’a pas l’air de s’arranger…

J’ai des doutes sur l’avenir de ce métier en tant qu’activité principale hormis pour quelques élus qui ont un réseau solide et pourvu en budgets. »

• 
 »Bonjour,

étant retoucheur d’images à usage publicitaire dans un studio spécialisé, je constate une constante régression dans la pratique des agences et l’achat des photographies et autres prestations.

Pendant longtemps, les images fournies étaient issues de commandes auprès de professionnels , puis il y eut un second temps avec un abus d’images achetées auprès de banque d’images ou libre de droits , maintenant les «  » économies  sont telles que les directeurs artistiques font eux-mêmes les images sur un coin de bureau ( parfois même avec leur i-Phone !!!! ) ou utilisent les images fournies par leurs clients ( et là il est dur de savoir la provenance réelle ) mais ce qui est sur c’est que l’on est loin de pouvoir juger la qualité tant elle est inexistante.

Ne noircissons pas trop le tableau non plus, car du travail de qualité se fait encore … mais de plus en plus rare et à des prix tels que l’on se demande ou est la rentabilité pour les professionnels. »

• 
 »L’évolution du métier de photographe balance entre deux pôles.L’un est la dilution des œuvres photographiques car l internet et numérique permet à n’importe quelle personne de diffuser ces images..Il y a une foultitudes de photos..

L’autre est la systématisation des grands concours photos sont souvent primés sen fonction des grandes écoles.L’autodidacte expérimenté se voit recalé des le début..

• Le métier de photographe n’a pas d’avenir à l’heure actuelle pour les personnes qui ne sont pas des techniciens pro de la post prod.

• Il y a les créateurs d’images virtuelles et les photographes..

• « 
Il y a peu encore j’encourageais les gens qui voulaient se lancer dans la photo, depuis un an j’essaye de les en dissuader… En haut lieu on a décider d’éradiquer la profession de reporter-photographe, en soutenant plutôt les micro stocks,il nous faut entrer en résistance ! La photo est devenue un bien de consommation gratuit, comment y remédier?

• Avec l’avènement du numérique, difficile de vivre de la photographie. Cela reste donc un outil de créativité et d’expression, avec lequel je cherche avant tout à me faire plaisir, en essayant de marcher le moins possible sur les plate-bandes des professionnels.
la technique évolue mais la pensée, l’écriture photographique est encore à ces débuts… Il y a beaucoup de choses à écrire ou réécrire…

• »Vous dites : «  »La frontière est de plus en plus ténue entre les photographes professionnels, les photographes semi-professionnels et même les amateurs. (…)cette enquête, à toutes celles et ceux qui se sentent concernés. » 

C’est vrai. Pour ma part j’ai des commandes d’ONG ou d’institutions étrangères (Colombie) et en échange de mon travail, ma mission sur place (Orénoque, bassin amazonien, région du Choco) est totalement prise en charge. 

 »

•
 »Pour ma part, en tant qu’animateur de la photothèque d’un Parc national, j’ai toujours le souci de ne pas faire de concurrence déloyale aux photographes indépendants et agences privées. Et j’éconduis régulièrement des éditeurs, titres de presse et agences de com’ qui me sollicitent pour obtenir des images qu’ils appellent  » « libres de droits »" (au sens abusif de «  »gratuites »"), au prétexte que nous sommes service public. Pour limiter ces pratiques j’ai établi un tarif, officiel publié sur le site extranet de la photothèque, dont les prix sont inspirés de ce qui se fait dans la profession.

Avec l’explosion du numérique et de l’internet on constate une grande confusion dans l’esprit des gens, y compris les consommateurs d’images professionnels, qui ne font plus assez la différence entre des images «  »tout venant – low coast »" et de vraies photographies. Banalisation du goût et/ou recherche du moindre coût, tout ceci tend à nuire à la crédibilité des photographes en tant que professionnels de l’image. »
 »Vaste question !!!

• Évolution à la fois positive et négative. 

Les +: progrès techniques formidables, matériel performant: gain d’argent et de temps.

Les -: Obligation d’être à jour (boîtiers, optiques, informatique, logiciels). Tout ça est très coûteux.

Il faut être aujourd’hui photographe, retoucheur, parfois infographiste, voir son propre éditeur pour mettre en valeur son travail.

 Cela demande du temps, (beaucoup) de passion, et de croire en soi et à ses capacités à se remettre en question. Cela implique aussi de trouver des financements et de monter des projets sans aide préalable.

 J’entends par là que certains confrères doivent aujourd’hui autofinancer leurs reportages pour la presse.

On est donc photographe, graphiste et aussi VRP. On a donc vite fait de se planter avec un projet qui capote…

• 

La concurrence des «  »amateurs »" ou des photographes non déclarés est grande. Il n’y a aucune règle dans cette profession, aucun tarif établi (malgré les efforts de l’upp…). Bref, c’est le far-west. 

N’importe qui peut du jour au lendemain se déclarer photographe. Je ne vais pas cracher dans la soupe, je l’ai fait il y a 10 ans maintenant, avec quand même un bagage technique et une pratique de plusieurs années derrière moi. Mais je me suis déclaré avant de commencer. 

Aujourd’hui on achète le dernier boîtier Canon ou Nikon, Photoshop ou Lightroom et on est photographe. Super !!! (Même si certains amateurs ont plus de talent que certains pros) 

Comment justifier les tarifs si il n’y a pas de règles. Le savoir faire, les parutions et les références ne suffisent parfois plus. Faire vite et pas cher, c’est ça la règle.

Autre problème les photographe qui jouent sur les statuts (un photographe inscrit à l’Agessa a-t-il le droit de faire des mariages?). Bref, trop font comme bon leur semble.

J’envie véritablement une institution comme l’ordre des médecins, qui tranche et décide pour toute une profession. la dérive est interdite, la profession réglementée, et il n’y a pas de concurrence déloyale.

Un vrai code de déontologie aussi, on est pas là pour casser le confrère et on en a pas le droit. 

Est-ce le cas chez les photographes, je n’en suis pas sûr… 

Le problème c’est que les photographes viennent tous d’horizons forts différents (c’est bien aussi dans un sens) mais parfois le travail est vraiment inégal.

On peut parler aussi de la presse qui ne roule plus vraiment, des photos libre de droits dans les photostock internet, des éditeurs qui boivent la tasse et partent avec le pactole en ne laissant rien au photographe…

Bref, souvent envie de faire un autre métier, mais lequel ?

• Quel boulot me permettrait de croiser un jour un ministre ou une personnalité, d’être le lendemain les pieds dans la bouse chez un agriculteur et le surlendemain dans un avion pour des vues aériennes ou dans une maison décorée par un designer ? Je n’ai pas trouvé la réponse…

• 
Il manque une information aux amateurs. Ils sont de temps en temps (ponctuellement) sollicité pour des photos et ne savent pas s’il sont ou non en train de casser la baraque aux pro.
 »avec l’irruption du numérique, les prix ont dégringolé en chute libre

et les tarifs sont cassés par les amateurs et semi-pro »
Quand j’ai débuté en diapo, le client prenait en charge les frais de développement, aujourd’hui il est très difficile de facturer le temps passé à cette activité sur l’ordinateur.
 »ce questionnaire n’est pas vraiment fait pour les amateurs. je ne me sens pas concerné.

• « Lancé depuis 6 ans (1 an artisan car mal renseigné – 5 ans Agessa ) 

je suis à ce jours salarié à 60% dans un domaine qui n’a rien à voir avec la photo depuis 3 en, j’ai donc 4 jours consécutifs par semaines à consacrer à l’image .

• « 
Le numérique demande encore plus aujourd’hui d’être informaticien. Les investissements sont plus importants pour des prix de ventes en baisse ! 
Si je n’avais pas 58 ans, je changerai immédiatement de profession. Le travail au noir, les auto-entrepreneurs (vive Sarko) ont détruit la plupart des studios photos. Seul un statut reconnu et obligatoire pour tout photographe désirant s’installer aurait une petite chance de sauver une profession très secoué par la crise. Un tarif journalier de notre profession devrait être établi afin de rassurer nos clients mais tout ceci et une très longue histoire.
C’est un métier passionnant que j’exerce depuis cinq ans. Mais pourrais-je financièrement rester dans cette profession que j’adore.
Je fait de la photo pour mon plaisir mais je réfléchis de plus en plus à intégrer soit un groupe de photographes animaliers ou réaliser une expo sur trois années de boulot mais en collaboration avec une autre personne pour partager les frais ..je réfléchis aussi pour mettre mes photos en ligne .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>