Avec Nathalie Barret et Elise Plissonneau de l’Observatoire des Métiers de la Presse
1ère partie du compte rendu de la soirée Lyon Pige du mardi 6 décembre sur les nouveaux métiers de la presse
« Le nombre de journalistes en situation précaire augmente, surtout en CDD, ce pourcentage augmente de façon importante depuis 3 à 4 ans. . Les journalistes en CDD ont doublé en 2 ans, de 2008 à 2010. On ne sait pas expliquer pourquoi ? Serait-ce un phénomène de crise qui pousse les entreprises à recourir au CDD.Qu’est-ce que l’Observatoire des métiers de la presse ? »L’Observatoire des métiers de la presse, est né de la volonté de la profession d’avoir un observatoire de la presse écrite. Il est porté par Mediafor, l’organisme collecteur de la presse écrite, qui collecte environ 25 M€ par an pour financer en particulier les formations avec deux priorités : les nouveaux médias et les publics précaires.
L’observatoire compte 2 personnes, seulement, notre objectif : circonscrire le périmètre de la presse écrite, car ce secteur précis n’est pas représentée en tant que tel dans les statistiques publiques. Celles-ci traitent la presse écrite avec d’autres secteurs d’activités.
Pigistes : le compte est-il bon ?
Nous avons tout à gagner à observer la situation des pigistes, pour mieux les connaître. Selon nos statistiques, de moins en moins de pigistes obtiennent la carte, ils échappent à la formation et à la comptabilisation des professionnels de la presse
Quels sont nos outils ?
Pour repérer les entreprises de presse écrite, il y a les codes NAF, mais ceux-ci sont insuffisants, décalés. Nous allons chercher nos statistiques du côté de la caisse de retraite Audiens. Toutes les entreprises qui déclarent des activités de presse, doivent le déclarer auprès d’Audiens, donc les données sont tirées d’Audiens.
A partir d’une seule pige
Audiens comptabilise toutes les personnes qui ont été déclarées comme ayant fait une pige, même une seule. Cela totalise 15 000 pigistes par an, qui à un moment donné ont écrit une pige. Mais parmi ces « pigistes » d’un jour seulement peut-être, il y a aussi des profs, des professions qui ne font pas de la pige un métier.
Entre les deux, la pige balance
Donc, les pigistes sont entre deux gaps, les chiffres d’Audiens et de la CCIJP et ils vont du simple au double. Il y a 4 codes NAF pour les entreprises de presse, la typologie est très large et ne caractérisent pas les activités des entreprises. Donc c’est difficile à comptabiliser.
Il faudrait faire des enquêtes
Pour affiner les données, il faudrait qu’on fasse des enquêtes, mais les entreprises de presse ne jouent pas le jeu.
Quelques points significatifs sur les chiffres de la pige
Le nombre de journalistes en situation précaire augmente, surtout en CDD, ce pourcentage très faible augmente de façon importante depuis 3 à 4 ans. . Les journalistes en CDD ont doublé en 2 ans, de 2008 à 2010. On ne sait pas expliquer pourquoi ? Serait-ce un phénomène de crise qui pousse les entreprises à recourir au CDD.
Précaires car jeune ?
La moyenne d’âge des journalistes encartés est de 39 ans, celles des journalistes en CDD est de 31 ans. Les contrats précaires ont fortement augmenté, +20% en deux ans. ENORME !
Les nouvelles demandes
Quand on regarde les premières demandes de carte de presse des journalistes, plus de la moitié ont un statut précaire, et parmi les précaires on a de moins en moins de première demande.
Les écoles reconnues ne protègent pas de la précarité
Parmi les jeunes qui sortent d’une école reconnue : on retrouve très peu de journalistes encartés, ils ne sont pas garantis d’un emploi en CDI. Beaucoup de jeunes journalistes issus d’une école reconnue sont en contrat précaire, donc faire une école ne protège pas d’un statut précaire.
Combien de diplômés par an ?
Environ 600 jeunes sortent des écoles, très peu vont dans la presse écrite, où vont-ils ? Et les premières demandes de carte professionnelle, sont de plus en plus tardives après la sortie de l’école.
La presse écrite perd des salariés
La presse écrite a perdu 4 000 salariés de 2008 à 2009. Les écoles de journalisme ne prennent pas en compte ces données. Elles ne n’ont pas ce discours, le sésame du CDI n’est plus une garanti.
Combien de cursus de formation en France ?
71 cursus de formation en France, 13 sont reconnues (600 diplômés). La moitié est en pige ou en CDD. Les écoles sont conscientes du problème, mais de plus en plus d’écoles frappent à la porte de la CCIJP pour être reconnu. Mais n’absorbe pas ces diplômés, ou alors, ils vont ailleurs que dans la presse écrite.
Où vont les diplômés de la presse écrite ?
Sur 75 000 salariés en presse écrite tous métiers confondus, il y a 25 000 journalistes, mais d’autres secteurs vont sans doute absorber les autres journalistes : l’audiovisuel, ou d’autres comme la communication, les agrégateurs, etc..