Je vous livre ce témoignage avec l’autorisation de son auteure, il est paru sur la liste Piges, le forum de partage des pigistes. Cela donne une idée de la décomposition du marché de la rédaction de textes, je n’ose parler de journalisme. Sans être armé, informé, relié avec d’autres professionnels, certains rédacteurs tombent dans le grand n’importe quoi.
« J’ai reçu hier un mail pour une proposition de collaboration pour un site qui a pignon sur rue. J’ai rappelé la rédac chef, qui m’a résumé l’offre en quelques mots : il s’agissait de rendre quelques articles par semaine (4000 signes environ) pour les sites Internet neufmois.fr et cafedesmamans.com.Il fallait des références, dégager du temps, et bien sûr rendre des articles originaux et bien écrits. Pas de problème a priori. Le tarif ? 20 euros. Ah. Là je me dis que 20 euros le feuillet, c’est super limite. Ah mais sauf que ce n’est pas le feuillet : c’est l’article. Par curiosité, je demande : en salaires, bien sûr ? Ah non, en facture. Mais c’est du net. Comment ça du net ? Et les charges ? Il suffit de faire une vague facture sur Word, et c’est du net, me dit-elle. Alors c’est du black ? Non non, il faut être auto-entrepreneur. Donc ce n’est pas du net, derrière on paie les charges. Et ça revient en gros à… 10 euros l’article.Qui dit mieux ?J’ai évidemment refusé en lui donnant quand même une idée de ce que j’étais payée par ailleurs (elle qui voulait des références). En lui exposant les différentes raisons de mon refus (salaires/facture, tarifs, etc.), la rédac chef m’a d’abord dit que « oui, mais plus vous rendez d’articles, plus vous gagnez d’argent » avant d’avouer que, ancienne pigiste elle-même, elle se sentait en effet super mal d’avoir à annoncer de telles conditions (ce qui ne l’empêche pas de le faire). J’ai terminé en lui disant qu’il me semblait peu probable que les « journalistes » qu’ils emploient en soient vraiment : certaines d’entre elles auraient pourtant la carte de presse. Ça laisse rêveur…Et bonne journée à tous !
Marie »
So sad…
Même cas de figure, j’ai refusé pas moins de 3 collaborations de ce style la semaine dernière !
Même cas de figure pour une revue spécialisée santé qui m’annonce un tarif de 100 euros sur facture pour 4500 signes ! j’ai bien sur refusé
L’auteur de ce témoignage m’écrit hier : « Certains m’ont demandé en privé les coordonnées de la rédac chef parce que ça l’es intéressait quand même, alors tu sais, je ne suis pas très optimiste… ».
Voilà qui donne de l’espoir sur le bon sens de la nature humaine, vive les soldes !