Atelier du mardi 5 avril à l’Atelier des Médias
Terme anglosaxon, l’hyper local englobe notre périmètre de vie géographique : ma région, mon agglomération, ma ville, mon quartier… des territoires d’action de plus en plus délaissés par les journalistes. Pourtant, à l’heure d’Internet, de nouvelles expériences journalistiques locales sont menées en France et dans le monde.
Le terme « hyper local » est une terminologie anglo-saxonne. Elle désigne un espace géographique délimité : la rue, le quartier, la ville et englobe toutes les personnes, citoyens, commerçants, journalistes, etc.
Le 1er enjeu de l’hyper local : décentraliser, tisser des liens entre les habitants, développer l’information locale. D’un point de vue média, la problématique pourrait se formuler ainsi : comment un journaliste peut proposer des enquêtes aussi pertinentes au niveau local.
Présentation et débat avec Christophe, créateur et animateur du site Greblog, en connexion Skype.
Greblog est un blog pour qui veut donner la parole aux habitants, sur Grenoble. Il est, selon son animateur aussi lu qua la presse locale.
« Je voulais savoir ce qui se passait dans mon quartier, les blogs commençaient, il fallait aller à la pêche aux informations, pour raconter ce que je voyais, ce que je pensais. Raconter du vécu, ce entrer en relation avec d’autres personnes, et peu à peu par bouche à oreille, le blog s’est retrouvé lu, la communication est rapidement passé dans le monde politique, avec des questions sur ma démarche : y a-t-il un parti derrière lui, quelle mouvance.
Quand Greblog a reçu le 1er prix du blog local, les appels des politiques, du maire Grenoble, de journalistes ont débuté. Ils se demandaient : mais à quoi il joue ? Alain Carignon m’invité et je suis devenu Le blogueur local de Grenoble. Depuis, j’ai mes entrées, tout le monde me connait. Je suis très souvent sollicité, parce que je pense que mon blog est crédible, je rencontre beaucoup d’acteurs associatifs ».
Quel rapport avec les journalistes ? Quelle évolution ?
Beaucoup de questions : qui c’est ? Ce qu’il fait là ? Ce qu’il veut ? C’est une formidable profession, mais qui cherche à protéger ses arrières et ses acquis. Donc, j’ai eu du mal à vivre cette différenciation que les autres essayaient de m’imposer, mais je ne recherchais rien, avec les nouvelles méthodes, moyens, j’essaie de faire ce dont j’ai envie. Certains journalistes m’enviaient. Certains me demandaient même mes sources.
Quel est le contenu du site
Au départ, je faisais surtout de l’observation, et racontait ce que j’observais. Les titres de mes articles référençaient bien mes papiers, puis j’ai appris écrire, et je me suis appliqué à structurer ce que j’écrivais.
Exemples : élection cantonales, je n’ai pas publié de commentaires politiques, surtout des infos sur les résultats, j’ai vu que les journalistes faisaient la même chose que moi. J’ai dû créer un micro site car mon serveur sautait les soirs d’élection.
Quel est le financement de ton site ?
Avant j’avais de la publicité, plus maintenant. Depuis quelques semaines, mon blog devient un site d’information. La publicité, c’est pour l’argent de poche. Cela me prend trois heures par jours, pour écrire, être sur le terrain. Maintenant, je publie un seul billet par semaine, plus long, plus analytique, pour faire passer plus de réflexion et les lecteurs sont toujours là. Plus dans l’analyse, l’historique, la mémoire, l’antériorité, dans l’enquête finalement.
Pourquoi veux-tu passer d’un blog à un site d’information ?
C’est un site, avec un moteur de blog. Parce qu’il y a une attente, et peu à peu j’ai greffé des services, comme l’achat de proximité, la vision webcam en 360°, la météo. Et 30% des internautes vont sur mon site pour accéder à ces services. Avec les services, le blog attirait de plus en plus de personnes. Donc, ces services m’ont conduit à passer du blog au site d’information.
L’hyper local ?
Chacun à sa propre définition, pour moi c’est situer sa propre localité, définir une rue ou un quartier, une ville.
Comment trouves-tu tes infos ?
Je reçois beaucoup de communiqués de presse de collectivités, d’entreprises, ouverture de magasins, etc… Je reçois des courriers de citoyens qui m’envoient les copies de leurs lettres quand ils n’arrivent pas à obtenir une réponde du maire. Je suis invité aux points presse. J’y vais si ça m’intéresse, mais je fais ce que je veux.
Est-ce que tu penses que les journalistes ne sont pas assez accessibles ?
Il y a beaucoup de gens qui me disent, « je sais ce que je vous faites, vous avez un regard libre ». Enormément de personnes discréditent la presse, même au niveau local. Je suis libre parce qu’on ne m’envoie pas sur le terrain, pour faire un sujet que la rédaction a décidé à la pace du journaliste.
Est-ce que tu publies toutes tes informations ?
Ce que j’apprends, je le garde, pour mieux rédiger certains articles. J’ai du plaisir à garder les informations, je ne suis pas à la recherche du scoop. Pour moi le débat blogueur-journaliste est assez récurent, j’ai épuisé le débat. A Lyon, je constate qu’il n’y a pas de blogueur local, il y en a à Toulouse, à Lille, ailleurs, mais pas à Lyon. La différence entre ce que je fais et vous les journalistes est minime, je ne suis pas journaliste, mais journaliste « de profession ». Je suis un blogueur local. Si j’ai une telle audience, cela signifie aussi que la presse locale ne répond pas à la demande des auditeurs.
Fin de l’échange sur Skype, pendant l’atelier.
Autre site autour de l’hyper local :
Patch, porté par le groupe AOL qui a investi 10M€ et embauché 500 journalistes pour un site internet. Son principe, sur une plateforme donnée, il présente un agenda local, sur un certain nombre d’états des Etats-Unis, il y a un éditeur, des infos des contributeurs « volontaires » le rôle de l’Editor, fédérer toutes les infos pour mettre en avant une communauté locale. L’ambition d’être la référence locale. Les contributeurs ne sont pas rémunérés. AOL se pose sur des territoires où les citoyens sont très impliqués dans la vie locale. A terme, le but est de constituer des rédactions locales.
Autres liens :
http://triblocal.com/
http://blog.vicus.fr/
http://eastvillage.thelocal.nytimes.com/
Ex : Vivre-a-chalon.com, une rubrique « communiqué » pour mettre les communiqués et distinguer la communication, de l’information.
« Think global, act local » : tout est dit dans cette formule qui date du siècle précédent…
Merci pour le lien !
L’hyperlocal est peut être l’avenir du journaliste dans tous les cas c’est surement l’avenir du web … Construisons quelque chose de grand à partir de petites choses
Bastien
Ping : L’Hyperlocal serait-il l’avenir du journalisme ? / Lyon Piges